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Revue Chevetogne - Mur de Berlin

(La Lettre de Chevetogne s'adresse aux amis du Monastère de Chevetogne, oblats, sympathisants, etc. pour les informer des activités, préoccupations spirituelles et oecuméniques  du Monastère: on peut donc y découvrir  des homélies, des petits articles ou des conférences, ainsi qu’une chronique (sélective) des activités, visites, participations etc . Elle paraît normalement trois fois par an. Des échanges ont lieu avec des Bulletins ou Lettres semblables venant d'autres communautés monastiques.)
P. Antoine Lambrechts

Sommaire

P. Nicolas Egender : Pêcheurs d'hommes ................  3
P. Philippe Vanderheyden :
La multiplication des pains .....................................  7
P. Jean Geysens : Transfiguration ........................... 12
P. Simon Noël:
Dormition de la Mère de Dieu................................. 16

***

P. Antoine Lambrechts:
La foire aux perles précieuses. Saint Dimitri de
Rostov entre l'Orient et l'Occident ......................... 21
P. Ugo Zanetti : Le Rouge et le Blanc ...................... 40

***

Catherine Berkans :
Vivre sans l'Europe centrale et orientale?
L'expérience de
« Entraide d'Eglises» .................. . 57

 

20 Ans après la chute du Mur...
Vivre sans l'Europe centrale et orientale
?


L'association catholique belge Entraide d'Églises soutient, dans un esprit œcuménique, des projets spirituels, pastoraux, sociaux et culturels dans les Églises de l'Europe centrale et orientale. Le 28 avril dernier, lors d'une journée d'études à Chevetogne, elle a voulu faire découvrir aux monastères et congrégations de Belgique des réalités vécues par ses partenaires. Nous reproduisons ici, pour ceux qui n'ont pas pu y participer, les réflexions que la secrétaire générale d'Entraide d'Églises, Catherine Berkans, a partagées ce jour-là (1) .
C'est en 2001 que je me suis rendue pour la première fois en Europe centrale et orientale -très précisément dans les Pays Baltes. J'y ai découvert deux peuples, la Lituanie et la Lettonie, à l'incroyable esprit de résistance, celui-là même qui les fit refuser de plier sous la botte soviétique; deux peuples qui résistent de toutes les manières à l'absorption, à la perte d'identité. Ils parlent une langue étonnante, vecteur d'une civilisation qui l'est tout autant, apparentée au sanskrit et dont les racines plongent dans la nuit des temps. Ensuite ils protègent leur identité culturelle: artistes, ils développent leur art.
Depuis j'ai découvert bien d'autres pays d'Europe centrale et orientale tout aussi fascinants et ces contacts répétés ont fait de moi une tout autre personne que celle qui a débutéà l'Entraide d'Églises en 1998.
C'est cette nouvelle personne qui tente aujourd'hui de vous transmettre un témoignage; un témoignage et non un exposé scientifique, qui, pour être valide, devrait faire droit à une série d'hypothèses de départ et embrasser exhaustivement bien des domaines.

(1) Parmi les invités, citons P. Andris Kravalis, fondateur du Centre d'Information de l'Église catholique lettonne, Sr Marie-Anne Mathieu, présidente de la Commission Sociale et de la Commission œcuménique des Supérieures Majeures de Roumanie, P. Patriciu Vlaicu, prêtre de l'Église orthodoxe roumaine, Mr Marcel Mârtonffy, directeur de la revue hongroise Mérleg.


I. CE QU'ILS NOUS APPORTENT

Cette année 2009 commémore le XXe anniversaire de la chute du mur de Berlin, symbole du partage du monde en deux blocs depuis sa construction en août 1961.
Depuis 1957, Entraide d'Églises a apporté une aide matérielle et spirituelle aux chrétiens d'Europe centrale et orientale persécutés et isolés durant cinquante années de régimes communiste et fasciste: il s'agissait d'aider tous ceux qui, dans leurs pays, travaillaient à faire surgir de l'épreuve une Église plus évangélique, plus ouverte, intégrée àl'Église postconciliaire et universelle. Dès la chute du mur de Berlin, l'action s'est poursuivie dans un esprit de solidarité avec les chrétiens de ces pays et de partenariat œcuménique avecleurs Églises.
/'Entraide a travaillé et travaille en permanence avec des personnes qui ont profondément souffert du poids de ces régimes. Ce contact avec nos amis de là-bas a considérablement enrichi notre intelligence et notre volonté.
Nous avons appris:

1.   Ce que signifie payer le prix pour vivre dans la dignité, en cohérence avec soi-même, avec ses valeurs et sa foi.

La réalité du monde de l'Est s'est révélée marquée par l'oppression et la solitude.L'Église était persécutée, souvent d'une manière insidieuse et subtile, la société déstructurée. Les liens humains se sont distendus, corrodés par une oppression omniprésente, qui a introduit la suspicion et la méfiance dans toutes les relations.
Solitaire, loin de l'Église universelle, l'Église de l'Est fut livrée à la violence, ou se trouva reléguée « entre l'autel et la sacristie» sans rayonnement sur la vie sociale ; parfois livrée à la sujétion, elle tenta malgré tout de poursuivre sa mission, dans une situation délicate où les options pastorales pouvaient prendre des tonalités différentes.
Nos amis de là-bas nous enseignent que la misère est moins matérielle que morale et qu'il est intolérable de vivre dans le mensonge instauré par une idéologie totalitaire. Ils nous enseignent que le choix le plus difficile mais le plus digne est celui du risque.
N'est-ce pas une attitude que l'Occident doit maintenir vivace face à tous les totalitarismes et fondamentalismes du monde, quels qu'ils soient? L'actualité internationale regorge d'éléments fort peu rassurants à ce sujet ... Oui, nous avons besoin de « l'Est» !

2. Le sens profond du mot « engagement»

De ce refus d'asphyxie d'une vie dans le mensonge naît immédiatement un geste d'action : « Sous nos yeux, des milliers d'étincelles isolées mettent le feu à la plaine », disait très justement André Glucksmann, ami de Vaclav Havel, lors de la remise du prix de la Paix décerné à ce dernier par les librairies allemandes.
La Révolution orange, en Ukraine, très proche de nous, n'en est-elle pas encore un exemple, quelles que soient les désillusions qui peuvent l'avoir suivie?
La jeunesse de l'Europe occidentale ne doit-elle pas s'inspirer de ce sens de l'engagement qui défend l'essentiel? Oui, nous avons besoin de « l'Est» !

3. Le sens et le pouvoir du symbole

Accomplir un périple avec des amis d'Europe centrale et orientale vous amène parfois à faire des kilomètres pour aller admirer telle ou telle statue de tel ou tel grand homme porteur de valeurs de liberté ou de culture; qui visite Vilnius ou Tallinn avec des partenaires de l'Est ira s'incliner devant leur statue de la liberté; qui accompagnera un prêtre lituanien à Bruxelles ira s'incliner avec lui sur la tombe d'un professeur qui lui a ouvert les voies de la théologie. Sens de la fidélité et pouvoir du symbole ...

4. La densité de l'Histoire

Selon l'expression de Vaclav Havel, le pouvoir totalitaire a apporté un «ordre bureaucratique dans le désordre vivant de l'Histoire»; il a planifié des temps morts. Une durée opaque s'étalait entre les sessions du parti et les commémorations rituelles.
Sortir du communisme, c'est rentrer dans l'Histoire et devenir artisan de son avenir.
Combien de jeunes aujourd'hui se sentent artisans de leur avenir? Par ailleurs, comment les étudiants occidentaux que furent certains d'entre nous dans les années quatre-vingt pourraient-ils réaliser que lorsqu'ils avaient pour seule préoccupation de réussir leurs examens, à l'Est d'autres jeunes de vingt ans recevaient la visite de la police d'Etat ou voyaient disparaître des membres de leur famille? Oui, nous avons besoin de «l'Est» !

5. Le pouvoir de la parole

Dans cette Histoire réappropriée, la parole humaine est si puissante qu'elle peut influencer le monde, ce que démontraient déjà, a contrario, les sanctions qui frappaient les paroles libres à l'Est. La parole des dissidents a apporté la preuve de la fonction critique de l'intellectuel et de la capacité de l'écrit à produire un contre-pouvoir.
Le partenariat avec l'Europe centrale et orientale nous apprend que le travail sur les mots constitue une tâche qu'il ne faut pas négliger en ce siècle de slogans.
Ce qu'ils ont vécu confère à ceux que nous connaissons une aptitude à la réflexion théologique, philosophique, historique, artistique, psychologique... et une attitude d'engagement courageux en cohérence avec cette réflexion. Ils sont contagieux! Travailler avec eux, c'est, en mettant diverses forces en présence, faire naître des étincelles de lumière dans une caverne, où deux à trois lumières judicieusement placées finissent par éclairer tout l'ensemble.

II. METTRE NOS FORCES EN COMMUN.

1. Ce que nous pouvons partager.

En 1989 donc, avec la chute du mur de Berlin prenaient fin cinquante années de régimes communiste et fasciste. Même si le développement socio-économique et culturel n'avait pas été entièrement négligeable, la mise en exergue du système aux dépens de l'humain, la pensée matérialiste, la pratique systématique du «non-sens» et l'abus de logique administrative ont causé bien des ravages.
De nombreux appels nous sont parvenus depuis, lancés par des prêtres, des religieuses, des laïcs: il s'agissait de mettre nos forces spécifiques en commun afin de tenter une reconstruction spirituelle, intellectuelle et morale de leurs pays.
Le trésor spirituel de la communauté ecclésiale est un trésor commun: ce qu'ont vécu nos amis d'Europe centrale et orientale durant l'époque soviétique a enrichi ce trésor. Ils nourrissent de ce fait une Espérance plus profonde que la nôtre et nous la communiquent. Ils ont droit, en toute justice, à la mise en commun d'un un capital d'information et de formation dont ils ont été privés durant cinquante années.
« L'Ouest, écrit Jacques Monnaie (2), a connu le Concile Vatican II, les réformes liturgiques, les orientations sociales nouvelles, les nouveaux modes de communication et de formation, mais aussi l'explosion de la consommation, l'évolution médicale ou scientifique
L'anthropologie occidentale est en pleine recherche de sens et nos partenaires d'Europe centrale et orientale appréhendent ces changements. La nécessité de se soutenir l'un l'autre dans ce contexte n'a jamais été aussi grande ni aussi urgente pour l'avenir. Nous pouvons partager avec nos amis d'Europe centrale et orientale notre début d'expérience et de réflexion face aux bouleversements humains, moraux, spirituels, théologiques qui affectent la vie moderne sous tous ses aspects. Nous pouvons partager les éléments dont ils n'ont pu bénéficier à l'époque et qui ont permis aux chrétiens de l'Ouest désireux d'œuvrer dans une perspective évangélique de trouver des réponses à leurs questions. Nous pouvons partager la technologie, la médecine, la science, la politique sociale, bref tous les aspects auxquels l'homme d'aujourd'hui, d'où qu'il soit, est confronté.
Si nous voulons continuer à essayer d'incarner le Dieu Vivant dans le Corps du Christ qu'est l'Église, nous devons construire un univers neuf fondé sur une culture profondément ancrée dans nos racines chrétiennes. Nos frères d'Europe centrale et orientale peuvent nous y aider ».

(2) Membre du Conseil d'administration d'Entraide d'Églises

Dès lors, la «colonne vertébrale» d'une action adéquate est la formation: la destinée d'un enfant ou d'un adulte ne se modifie pas par l'endoctrinement mais par la rencontre avec des personnes crédibles. Une formation doit éveiller une réponse personnelle et critique, prise de conscience suivie d'une action dans l'optique du «voir-juger-agir ». Il est dès lors important de soutenir des projets de formation et d'assurer le financement de bourses d'études pour de jeunes religieuses, des prêtres, des laïcs, qui ont à cœur de répercuter leurs acquis dans les domaines religieux, pastoraux, sociaux et médiatiques de leurs pays respectifs -domaines dont l'Église a été systématiquement écartée durant cinquante ans. I l est important de mettre en contact les chrétiens d'Europe centrale et orientale avec la pensée et l'action de l'Église universelle en leur faisant parvenir des livres et des revues de qualité. Enfin, il est important de travailler avec ceux qui s'engagent à bâtir sur place dans un esprit œcuménique, d'engagement social, de pacification interethnique -les fondements d'une vraie démocratie en créant une vie associative.
Soulignons que O'aspect œcuménique est primordial. Tous les chrétiens ont un rôle à jouer dans le développement humain des sociétés à l'Est comme à l'Ouest mais ils ne susciteront des initiatives positives que s'ils vivent eux-mêmes dans un respect réciproque. Des contacts personnels peuvent y contribuer grandement.

2. L'heure de l'Europe

C'est aujourd'hui l'heure de l'Europe, de l'Union européenne à laquelle plusieurs États du Centre et de l'Est ont voulu s'associer. Deux mondes différents viennent de se réunir et il importe d'en tenir compte: en effet, la Communauté européenne génère des réactions paradoxales. «La raison principale pour laquelle nous choisissons l'Europe, nous disait un prêtre balte, est l'accès aux valeurs chrétiennes : ce sont les échanges qui éprouveront notre fidélité à l'Évangile, et qui nous permettront de mieux saisir le caractère universel de l'Église. Nous espérons qu'en bâtissant une maison commune, nous vivrons en partageant nos richesses mutuelles. L'homme doit être mis au premier plan: il faut promouvoir les droits et la liberté de l'homme, ses richesses spirituelles. TI ne s'agit pas simplement de construire un seul corps, en orchestrant des systèmes, en travaillant sur le plan financier: il faut retrouver cette âme de l'Europe que Jacques Delors et Jacques Santer ont voulu mettre en évidence ». Dans un tel «dialogue des civilisations », la dimension religieuse et donc œcuménique est déterminante. Les Églises ainsi que les communautés de foi et de conviction philosophique sont appelées à y jouer un rôle original.
D'autre part, l'Union européenne figure aussi dans l'esprit de certains de nos partenaires comme une ombre menaçante, à peine distincte de l'ombre moscovite, aux institutions compliquées, brimant les nouvelles libertés nationales et les religions traditionnelles. N'est-ce pas compréhensible ?
Par ailleurs, pour certains d'entre eux, l'Église fut la gardienne des valeurs et des traditions du peuple, l'instrument de sauvegarde de la spiritualité durant le régime soviétique.Ces Églises abordent aujourd'hui le rivage d'un univers où la volonté affirmée de l'Union Européenne de « défendre des droits individuels» risque de se trouver en contradiction avec des positions religieuses traditionnelles en vigueur chez certains des nouveaux adhérents. TI y a donc tout un travail à faire, chez eux et chez nous, pour qu'un certain équilibre soit atteint dans le respect de chacun.
Il est probable -et parfois souhaitable -que les Églises des pays candidats devront se construire de nouveaux concepts et de nouveaux repères. Depuis 1989, définir une nouvellerelation entre chaque État et sa ou ses Églises est inéluctable. C'est une tâche d'envergure, qui aura des conséquences sur la manière dont les nouveaux parlementaires et politiques envisageront leur mandat.


III. CONCLUSION

Aujourd'hui, au-delà d'une Europe économique et politique, il y a place pour une proposition chrétienne et nous avons besoin les uns des autres pour la construire.
L'Europe et les Églises d'Occident ne peuvent ignorer l'Europe centrale et occidentaleet ses Églises, parce que celles-ci raniment sans cesse celle que Péguy appelait «la petite flamme Espérance », c'est-à-dire le moteur du dynamisme qui décidera de l'élan de notre siècle; cette flamme, nous devons l'entretenir en solidarité mutuelle, nous devons être solidaires dans cette Espérance.

***



Après cinquante années de travail en commun dix-neuf ans après la chute du rideau de fer et du mur de Berlin, Entraide d'Églises a réuni, en point d'orgue de sa campagne interdio­césaine 2008, ses différents partenaires d'Europecentrale et orientale pour un symposium très particulier.
Il s'agissait de se mettre à l'écoute de leurs réussites actuelles et de leurs priorités futures, de jeter des ponts entre leurs expériences de terrain respectives, et de répondre à une question que beaucoup se posent ici: faut-il encore travailler pour et avec 1'« Europe de l'Est »? Au terme des deux journées vécues ensemble, la réponse est « oui, plus que jamais »: nous avons besoin de mieux connaître cette partie de l'Europe, et nous avons un devoir de mémoire vis-à-vis de leur Histoire. C'est à cette condition que peut avoir lieu un partage en toute vérité. L'Entraide a été sollicitée pour explorer trois pistes de travail :

1. Au niveau éditorial : mettre en équilibre le patrimoine ecclésial et culturel d'ici et de là-bas:
-apport en Europe occidentale du patrimoine théologique, culturel, philosophique des pays d'Europe centrale et orientale par la traduction de revues, d'études, d'œuvres de poids choisies chez leurs auteurs.
-soutien à la traduction des textes conciliaires, non encore effectuée dans maints pays d'Europe centrale et orientale.

2. Au niveau pastoral et catéchétique: nous aider mutuellement face aux nouveaux défis à relever: comment dire la Foi aux enfants, aux jeunes et aux adultes d'aujourd'hui, dans le respect de la confession de l'autre, et par des outils adaptés à la culture de chaque pays; comment créer des ponts entre l'Église et la société, notamment par l'application pratique de l'enseignement social des Églises chrétiennes.

3. Organisation de symposiums internationaux: permettre aux différents acteurs de terrain de se rencontrer, avec l'apport d'experts de toute l'Europe pouvant fournir un éclairage dans des domaines précis tout en sauvegardant les spécificités culturelles.

A travers ces grands axes, l'Entraide est convaincue qu'il faut cheminer ensemble dans la nouvelle Europe, qu'il y a place pour une proposition chrétienne, que «dire sa culture, c'est atteindre l'universel », que nous pouvons nous accompagner mutuellement face aux évolutions -y compris économiques -de la société et tenter de définir le rôle que peuvent y jouer les Églises et les chrétiens.

Catherine Berkans

Coordonnées d'Entraide d'Eglises:
ENTRAIDE D'EGLISES
Chaussée de Wavre, 216
B-I050 Bruxelles.
Tél: 02/648.91.34
Courriel : entraide-eglises@entraide-eglises.be
Site Internet: www.entraide-eglises.be
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BIC  BPOTBEB

Coordonnées de l'Abbaye de Chevetogne

Monastère de l'Exaltation de la Sainte Croix
Rue du monastère 65
B - 5590 - Chevetogne
Belgique

Tél.: + 32 (0)83 21.17.63
Fax: + 32 (0)83 21.60.45
courriel : abbaye@monasterechevetogne.com


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